dimanche 11 novembre 2012

Le stylo du soldat Garau.



En Echo à Fred Coussay et son passionnant projet :
Réactualisation de ce message rédigé en 2009. 
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On se déhotte vers six plombes. Il n'y a pas à se magner pour se fringuer,car on se pagnotte avec ses grolles et son fendard et on n'a qu'à se coller son képroque.......Quand l'appel a été fait par le pied d'bane, les poilus qui s'sont faits porter pâles vont voir le toubib; les autres démurgent et vont bagoter à l'exercice pour se dégeler les fumerons. Quand on radine au patelin, on se tape le rapport ousqu'on nous donne les babillardes et les paxons, puis on se coltine les distribes, on touche de la barbaque gelée. Quelquefois du pinard, mais le plus souvent, on se l'accroche toujours nibe de gnole. Puis on va becqueter. Comme le cuistot fait de la becquetance maous pépère, on s'en fout plein la lampe. .......

J'espère que la censure
Pour moi ne sera pas trop dure
Ma prose en langage guerrier,
Sans qu'elle puisse l'inquiéter,
Vous fera voir mes chers parents,
Comment se passe notre temps.
Et si c'était l'soldat Garau avec son beau stylo, qui l'avait torchée cette bafouille ?

On doit aux poilus : toubib, cuistot, bobard, boulot, bousiller, se faire porter pâle, cafard........
 Pour se farcir L'argot des tranchées en intégrale, au boulot c'est sur Gallica.



Grâce à vos commentaires on a...Un p'tit plus pour le tout !

10 commentaires:

  1. Oui tout cela donne à bien réfléchir. Nous avons un peu de temps pour cela aujourd'hui. Bonne journée à toi et à bien vite. Tataze

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  2. Emouvant...! Aujourd'hui les poilus font partis de l'histoire. Mon grand-père maternel à fait la guerre de 14-18. Ma maman est née en 1924, sa soeur en 22.Il est décédé en 1938.
    On retrouve parfois des carnets écrits par les poilus, ce sont des témoignages irremplaçables de la souffrance de ces hommes...merci d'avoir pensé à eux Lulu en ce jour de commémoration.

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  3. Voilà, Lulu, à force de passer du temps chez toi, il faut maintenant que je me magne et que j'aille quand même mettre quelque chose dans le bouteillon, sinon le maître des lieux va me piquer les fesses au nougat pour activer, vu l'heure, et qu'il n'a pas encore eu sa becquetance. Femme soumise (hi hi, on peut toujours le croire !) oserais-je sortir ma rosalie pour lui régler son compte une fois pour toutes ?
    PS : J'ai sous les yeux "La guerre des tranchées" par Tardi, chez Casterman... Je te le mets sur mon blog, juste en dédicace du jour !

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  4. je suis allée voir le blog de Jean Véronis, et j'ai adoré...
    super cet hommage à nos poilus, donc souvent à nos grands-pères... merci de l'idée, Lulu, je vais faire un petit billet du jour sur ce thème de l'artisanat des poilus pour saluer le mien... 11 novembre oblige.

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  5. Très intéressant et très émouvant ce billet, merci !

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  6. Un jour on m'a confié une valise de photos, et j'ai adopté le soldat Joseph Pierre et le soldat Georges-Alfred, les poilus de mes enfants. En 1914, je n'étais pas encore française. Leur histoire, je l'ai faite mienne, très naturellement, très simplement, pour la préserver, pour la raconter, pour la respecter, comme une identité nationale ;-), sans en faire trop, sans oublier, en regardant Louise seule qui envoie une photo de son bb à son mari prisonnier, j'ai aimé écouter raconter ces quelques photos retrouvées, ce frère né quand son père était à la guerre, ce père qui ne trouvait plus son chemin.
    Je suis ravie que ce post vous ait ému, et qu'il ait réveillé le blog de Colibri et mis à l'honneur le p'tit panier de Michelaise ! Il est ma façon de raconter l'Histoire à mes enfants, des p'tites histoires d'objets, j'ai aussi une cousette de poilu, des p'tites histoires d'animaux, des histoires terribles d'avancée médicale en chirurgie de la face, des souvenirs de métro, quand il fallait laisser la place aux "gueules cassées", de savoureuses histoires de langage...

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  7. Merci Lulu pour ces histoires si bien racontées, même quand elles sont terribles.

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  8. Comme cet article est émouvant et joliment écrit, avec un humour qui n'est pas déplacé malgré l'horreur de cette guerre.
    Ce dernier lien sur l'argot des tranchées est formidablement érudit et renseigné, j'adore.
    Merci merci pour ce beau billet, on n'en parlera jamais assez...

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